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      Reconnaissons que la Nature a des droits !

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    • nov 30thUniversité populaire Jeunesse et Développement durable

      Lors de la 2de UNIVERSITE POPULAIRE organisée par Les Apprentis de l’Espérance à Marseille: Conférence à 18 :30 Autour du livre de Valérie CABANES, Homo Natura

      Interculturalité, conscience et responsabilité, pour se construire et grandir en harmonie…avec le vivant.

      Extrait de mon intervention au Théâtre Toursky


      Copyright des images : Gérard Chargé (Ciné Zooms/ACR).

      Prochainement plusieurs épisodes vous seront présentés.

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    • nov 28thDébat Marseille – De nouveaux droits pour la terre

      court circuit

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    • nov 18thObserver l’évolution de la planète RFI

      rfi

      L’actualité africaine et internationale de la semaine, passée en revue avec un invité. Chaque samedi, Pierre-Edouard Deldique revient sur les principaux événements de la semaine en compagnie d’invités, tous observateurs de l’évolution de la planète, en sélectionnant sons et reportages diffusés par la rédaction de RFI durant la semaine écoulée.

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      18/11/2017    Valérie Cabanes: «Homo natura, en harmonie avec le vivant»

      L’actualité africaine et internationale de la semaine, passée en revue avec un invité. Chaque samedi, Pierre-Edouard Deldique revient sur les principaux événements de la semaine en compagnie d’invités, tous observateurs de l’évolution de la planète, en sélectionnant sons et reportages diffusés par la rédaction de RFI durant la semaine écoulée.

      Emission à réécouter en mp3

      http://valeriecabanes.eu/wp-content/uploads/2017/11/une_semaine_d_actualite_20171118.mp3
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    • nov 16thL’écocide, un crime contre nature

      L’écocide, un crime contre nature

      16.11.2017 par Myriam Bettens-Lariche pour Cath.ch

      Le concept d’”écocide” était au cœur d’une conférence, le 15 novembre 2017, au Collège pour adultes Alice-Rivaz à Genève. La sanction contre les atteintes à l’écosystème s’impose peu à peu. Pourtant, la vision de l’homme comme gardien et non plus comme maître de la Terre ne va pas encore de soi.

      Le concept d’écocide est construit à partir des termes ‘écosystème’ et ‘génocide’, mais le néologisme dérange, soulignent les conférenciers. Inscrire l’écocide en tant que crime contre l’humanité va radicalement à l’encontre des intérêts de multinationales qui font du profit avec le trafic d’animaux ou de végétaux protégés, la pétrochimie ou le nucléaire, estime la juriste Valérie Cabanes, porte-parole du mouvement “End Ecocide on Earth”. Pourtant, les initiatives pour la reconnaissance de ce “crime” se multiplient partout dans le monde, avec plus de 700 cas en cours d’instruction.

      La nature comme sujet de droit

      Les deux intervenants réunis au collège Alice-Rivaz proposent des approches différentes, mais complémentaires, de cette problématique. Valérie Cabanes envisage des solutions en questionnant la relation que les citoyens entretiennent avec la Terre, leur maison. Laurent Neyret, professeur de droit à l’Université de Paris-Versailles, spécialisé en criminalité environnementale, analyse et met à contribution les outils existants du droit pour préserver l’environnement.

      “Laudato Si’ peut être considérée comme une révolution des mentalités”

      Les deux conférenciers s’accordent à dire que le droit international est “mal outillé pour limiter les atteintes faites à la vie sur Terre”. Laurent Neyret ajoute que dans les crimes contre l’environnement “le profit est élevé et le risque zéro”. Aux Etats-Unis, 1 kg de cocaïne équivaut à 28’000 dollars et peut valoir 10 ans de prison à son détenteur, alors qu’1 kg de poudre de corne de rhinocéros se négocie 70’000 dollars et que sa possession n’est sanctionnée que d’un an de détention.

      Laurent Neyret et Valérie Cabanes (© Myriam Bettens-Lariche)

      D’une part, des traités contraignants et des sanctions qui touchent à la confiscation de l’argent du crime doivent être mis en place au niveau international. D’autre part, selon Valérie Cabanes, le citoyen doit “titiller les juges afin de créer une jurisprudence”. L’individu a aussi un rôle à jouer dans la sauvegarde de sa maison.

      Revenir à la Genèse de l’écologie

      Dans un entretien avec cath.ch en marge de la conférence, Valérie Cabanes estime que “notre éducation judéo-chrétienne, qui dans certaines interprétations de la Genèse confère à l’homme une supériorité vis-à-vis de la nature, aurait conduit les Occidentaux à se considérer comme extérieurs à elle, laissant place à une prétention fatale de domination de tout le vivant. “Nous trouvons cette vision pyramidale dans toutes nos sociétés. Cette compréhension dominatrice et prédatrice a préfiguré une opposition entre les peuples qui adhèrent à cette vision du monde et les autres”. Elle ajoute que cette conception a justifié le pillage des richesses d’autres territoires. Un retour aux fondamentaux s’impose donc selon elle

      “‘Adam’ ne vient-il d’ailleurs pas du mot hébreu qui signifie ‘terre’?”

      Un mouvement dans lequel le pape François s’est engagé avec son encyclique Laudato Si’ sur l’écologie humaine, publiée en juin 2015. “Le pape adopte une attitude courageuse et fascinante lorsqu’il dit que nous avons loupé quelque chose. L’humain s’est attaché à comprendre ce qui l’arrangeait en oubliant l’émerveillement et la gratitude face à la Création”, avance Valérie Cabanes. Laudato Si’ peut ainsi être considérée comme une révolution des mentalités. La juriste se réjouit que l’encyclique rejette la compréhension despotique de l’homme pour se caler sur une explication de l’humain comme gardien de la Terre. La Création a une valeur intrinsèque dont l’homme doit prendre soin.

      Le rôle essentiel des leaders spirituels

      Loin de rester lettre morte, elle juge que l’ouvrage a provoqué une prise de conscience. En France, le Comité catholique contre la faim et pour le développement-Terre Solidaire a d’ailleurs lancé une grande “campagne de désinvestissement”. Ce comité a poussé les communautés chrétiennes à ne plus être actionnaires auprès des multinationales qui vont à l’encontre des intérêts de la nature et des peuples.

      Pour la juriste, “le rôle des leaders spirituels est de démontrer qu’il est possible de trouver dans les textes sacrés une source d’inspiration pour réapprendre à vivre en harmonie avec le vivant”. En d’autres termes, l’écologie intégrale passe par un retour aux racines des textes sacrés des monothéismes. ‘Adam’ ne vient-il d’ailleurs pas du mot hébreu qui signifie ‘terre’? (cath.ch/myb/rz)

      Référence: Valérie Cabanes, Homo natura. En harmonie avec le vivant, Buchet/Chastel, Dans le vif, 2017

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    • nov 16thL’écocide un concept clé

      Conférence sur le crime d’écocide donnée par Valérie Cabanes et Laurent Neyret au COPAD

      à Genève le 15 novembre 2017 devant près de 400 jeunes et leurs enseignants.

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    • nov 15thPlanète poubelle ?

      Intervention filmée aux Archives nationales

       

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    • nov 10thUn tribunal citoyen juge le projet de mine d’or en Guyane

      click

      le 4ème « Tribunal International des Droits de la Nature », pendant la COP23 des Nations Unies sur le changement climatique, les 7 et 8 Novembre à Bonn. Le Tribunal propose une approche juridique innovante reconnaissant aux écosystèmes leurs droits à l’existence, au maintien, à la préservation et à la régénération, et que ces droits puissent être revendiqués en Justice. Un panel de personnalités internationalement reconnues statueront sur des cas emblématiques et formuleront des jugements dans une perspective de protection et de restauration de la Terre en se fondant sur la Déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère. La déclaration définit entre autres les devoirs incombant à l’humanité de respecter l’intégrité des cycles écologiques vitaux de la planète.
      CHANGEMENT CLIMATIQUE – FAUSSES SOLUTIONS ÉNERGÉTIQUESFINANCIARISATION DE LA NATURE

      DROITS DE L’EAU (ALMERIA-ESPAGNE)

      DÉFENSEURS DE LA TERRE MÈRE

      MINES DE LIGNITE EN ALLEMAGNE

      MENACES SUR L’AMAZONIE (EQUATEUR, BRÉSIL, BOLIVIE-TIPNIS & GUYANE FRANÇAISE)

      CONSÉQUENCES DU TAFTA SUR LA NATURE

      Article de CNews du 9 novembre 2017

      En marge de la 23e conférence internationale sur le climat (COP23) qui a lieu à Bonn (Allemagne), un tribunal citoyen juge le projet de mine d’or géante en Guyane.

      Ce projet, appelé «Montagne d’Or», constituerait la plus importante mine jamais construite en France si elle venait à voir le jour et inquiète les associations de défense de l’environnement.

      Le tribunal international des droits de la nature, qui examine ce cas parmi d’autres, se place sur cette ligne et veut notamment alerter le grand public de ses possibles conséquences en termes de pollution.

      Il est par ailleurs présidé par Tom B. K. Goldtooth, figure de proue de la lutte des Amérindiens contre le projet de l’oléoduc de Standing Rock dans le Dakota (Etats-Unis)

      «L’idée est de permettre aux personnes, notamment aux populations autochtones, de témoigner de crimes environnementaux et de reconnaître un droit à la nature», explique Marion Veber, chargée de mission à la fondation France Libertés, toujours citée par nos confrères.

      Les juges se basent sur la Déclaration universelle des droits de la Terre mère, élaborée lors de la Conférence mondiale des peuples contre le changement climatique (CMPCC), en 2010 en Bolivie. Une déclaration qui milite pour une reconnaissance du crime d’écocide devant la Cour pénale internationale.

      Une décision symbolique bientôt rendue

      Tour à tour, des associations, parmi lesquelles la fondation France Libertés ou des acteurs locaux comme Maiouri Nature Guyane se sont déplacés à la barre pour expliquer en quoi consiste le projet de Montagne d’Or.

      Situé en pleine forêt amazonienne, il menace deux réserves biologiques, situées à proximité immédiate. Pour extraire l’or dessous la terre puis l’exploiter, il sera en effet nécessaire de creuser, selon leurs informations, une fosse de 2,5 km de long, de 500 m de large et de 400 m de profondeur.

      La question de la gestion des déchets cyanurés, (le cyanure – très toxique – étant très utilisé dans l’orpaillage, ndlr) les inquiète également au plus haut point.

      Au terme des auditions, un jugement symbolique et des recommandations seront rendus. S’il n’a pas de valeur légale, les associations espèrent que puisse ouvrir la voie à de nouvelles législations pour mieux contrôler des projets aux conséquences environnementales possiblement catastrophiques.

       

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    • nov 10th5 requêtes pour la justice climatique !

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      Inscrire le climat dans la Constitution !

      Twittez : Donnons au climat une valeur supérieure aux droits économiques et permettons à l’Etat d’agir pour protéger les citoyens ! @NotreAffaire

      Aujourd’hui, les juges et législateurs considèrent que la liberté d’entreprendre et le droit de propriété sont plus importants que les dispositions en matière de protection de l’environnement. C’est la position tenue par le Conseil d’Etat dans son avis sur le projet de loi de Nicolas Hulot mettant fin aux hydrocarbures, les arguments utilisés quant à l’adoption du traité de libre-échange avec le Canada CETA, ou encore les arguments utilisés dans l’affaire du glyphosate…

      Nous devons intégrer à nos valeurs fondamentales la supériorité de la protection du climat sur les enjeux économiques ! En intégrant le climat à la Constitution, nous rendrons obligatoire la protection des populations et des écosystèmes victimes du réchauffement climatique et les objectifs de l’Accord de Paris de le limiter à 1,5/2°C. En Autriche, un groupe de citoyen-nes a gagné en première instance contre l’agrandissement de l’aéroport de Vienne, car les émissions induites sont contraires aux objectifs de l’Accord de Paris. Notre proposition vise à permettre d’interdire les projets nuisant au climat et entraînant une augmentation forte des émissions de gaz à effet de serre.

      Inscrire le climat dans la Constitution ouvrirait enfin une nouvelle page de la démocratie dans notre pays, en permettant aux élu-es de mettre fin à des activités économiques dès lors qu’elles sont contraires aux obligations de protection de l’environnement et de notre santé.

      Reconnaître le changement climatique comme un crime d’écocide !

      Twittez : 100 firmes sont responsables de 71% des émissions de gaz à effet de serre depuis 1988. Punissons les pollueurs pour ecocide ! @NotreAffaire

      Le changement climatique conduit la planète vers un état auquel nul n’est préparé : il met en danger nombre d’écosystèmes, la survie de nombreuses espèces animales et végétales, mais aussi nos conditions de vie, notre économie, l’habitabilité des territoires, et, de ce fait, la survie même de l’humanité. Le réchauffement climatique est aussi une atteinte à la paix, à l’origine de nombreux conflits armés : c’est la raison pour laquelle le Prix Nobel 2007 a été attribué au GIEC-Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Le GIEC recommande de ne pas dépasser le seuil de 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère, ce seuil est d’ors et déjà dépassé et aucun cadrage juridique ne s’applique aux 100 firmes du monde, responsables de 71% des émissions de gaz à effet de serre depuis 1988 ou encore aux décideurs politiques ou financiers qui les soutiennent, et ce, en tout connaissance du changement climatique.1

      Le crime d’écocide, du grec “oïkos”, la maison, et du latin “occidere”, tuer, qualifie les atteintes graves à l’écosystème de la terre, notre maison commune, capables de menacer la sûreté et l’habitabilité de la planète. Cette menace peut être déterminée scientifiquement grâce au concept des limites planétaires, limites à ne pas dépasser si l’humanité veut pouvoir se développer dans un écosystème sûr, c’est-à-dire évitant les modifications brutales et difficilement prévisibles de l’environnement planétaire. Le changement climatique, l’une des 9 limites planétaires définies par le Stockholm Resilience Center et reconnue par l’ONU, est qualifié par une concentration atmosphérique en CO2 comprise entre 350 ppm et 450 ppm. Transgresser en connaissance de cause cette limite constitue incontestablement, un des crimes parmi les plus graves.

      Reconnaître toute décision industrielle ou politique conduisant à transgresser la limite climatique comme un crime d’écocide permettra de prévenir et réparer les atteintes majeures au climat, et de pénaliser celles et ceux dont les actions contribuent au changement climatique, notamment les dirigeant-es de firmes multinationales, qu’elles soient françaises ou non via l’attribution de la compétence universelle aux tribunaux français.

      Permettre aux citoyen⋅nes de défendre le climat en justice

      Twittez : Le climat se réchauffe et les citoyen-nes en sont victimes. Donnons-leur le pouvoir de protéger le climat en justice ! @NotreAffaire

      Le climat se réchauffe et les citoyen-nes en sont les victimes, en premier lieu les plus vulnérables. Pourtant, aucun mécanisme ne leur permet réellement aujourd’hui de garantir l’application de l’Accord de Paris, ni même de dénoncer les responsables, que ce soient des personnes privés (entreprises, gestionnaires de fonds ou associations) ou des personnes publiques (Etats, collectivités, institutions internationales…).

      La reconnaissance du préjudice écologique et la loi sur le devoir de vigilance des multinationales constituent de premières avancées. Mais au regard de l’urgence climatique, il est nécessaire de mettre en place des moyens juridiques permettant aux citoyen-nes de défendre le climat en justice.

      A cet égard, la France doit :

      • permettre aux associations de saisir la justice pour s’assurer de la mise en œuvre de l’Accord de Paris ;

      • donner compétence à toute personne ayant intérêt et qualité à agir, notamment aux associations de protection de l’environnement, d’agir en cas de non respect du devoir de protection de l’environnement ;

      • élargir la notion de préjudice écologique afin d’y intégrer le changement climatique, indépendamment de ses effets, et l’adosser à une compétence universelle du juge français ;

      • faciliter et élargir l’action de groupe environnementale, pour qu’elle puisse s’appliquer au climat et que les citoyen-nes puissent agir contre des collectivités publiques ou des acteurs privés.

      Réduire vraiment nos émissions !

      Twittez : Les émissions de la France ont augmenté entre 1995 et 2015 ! Rendons contraignante la réduction des émissions importées ! @NotreAffaire 

      L’Ademe (Agence De l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) tire la sonnette d’alarme : la France est sur les mauvais rails pour atteindre ses objectifs de réduction de 40% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau en 1990 d’ici 2040. Mais il y a bien pire ! : la France n’est à ce jour pas contrainte de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre importées. Or, entre 1995 et 2015, les émissions de CO2 de la France, si on y intègre les émissions de CO2 importées, ont augmenté ! Contrevenant ainsi à l’ensemble de nos obligations nationales et internationales.

      Nous souhaitons une loi contraignant notre pays à réduire ces émissions importées et les intégrer aux objectifs généraux. Cette stratégie permettrait notamment d’éviter la substitution d’énergies fossiles produites hors de notre territoire aux exploitations dont la fermeture est prévue pour 2040 par la loi Hulot sur les hydrocarbures.

      Réguler l’activité des multinationales et sortir la finance des énergies fossiles

      Twittez : Subventions aux fossiles, allègements d’impôts pour les pétroliers, non encadrement des banques: l’Etat doit réguler le privé! @NotreAffaire

      La France est aujourd’hui plus que timide dans la régulation légale et fiscale des acteurs économiques et financiers. Plusieurs années de suite, le grand producteur de pétrole et d’énergie fossile Total a ainsi été exonérée d’impôts et reçoit chaque année plusieurs milliards d’euros via le CICE…

      Sans être le seul exemple, le cas des énergies fossiles et notamment du pétrole est éloquent : si nous voulons limiter le réchauffement climatique à 1,5/2°C tel que nous y incitent l’Accord de Paris et le GIEC, nous devons laisser jusqu’à 80% des ressources fossiles aujourd’hui connues dans le sol, nous indique l’Agence internationale de l’énergie. C’est-à-dire : cesser de produire des énergies sales. Or, aujourd’hui en Europe, ce sont 112 milliards d’euros qui sont annuellement dépensés dans ces énergies, dont 4 milliards d’aide directement fournis par l’Union européenne à l’extraction, et de très nombreuses subventions supplémentaires allouées à ces énergies. Selon le FMI, les subventions directes et indirectes aux combustibles fossiles s’élèvent dans le monde à 5340 milliards de dollars par an. Soit 168 000 dollars par seconde.

      L’Etat français se considère pionnier et responsable en ayant mis en place, à travers l’article 173 de la loi portant transition énergétique, une obligation de publication des émissions de gaz à effet de serre. Mais il possède toujours des fonds investis dans les énergies fossiles, n’associe à l’article 173 aucune peine ou amende et n’oblige aucunement les entreprises non gestionnaires de fond à adopter des stratégies contraignantes de protection du climat.

      Le droit international, notamment le Pacte des droits économiques, sociaux et culturels, nous oblige pourtant à agir, au maximum de notre capacité, sur notre territoire, afin de protéger et d’atteindre le respect de nos droits. Cela passe par l’encadrement des activités des acteurs privés via des outils pouvant être légaux ou fiscaux.

      La France doit au plus vite sortir l’ensemble de l’argent public, celui des citoyen-nes, des énergies fossiles (CDC, BPI, etc). Elle doit obliger l’ensemble des acteurs privés à s’inscrire dans des schémas d’investissement 1,5/2°C compatibles et contraindre les entreprises et banques françaises à mettre un terme ) leurs activités et à leurs investissements dans les énergies fossiles.

      1 rapport de l’ONG Carbon Disclosure Project (CDP) réalisé en collaboration avec le Climate Accountability Institute (CAI) à partir du rapport de l’équipe de chercheurs de Richard Heede.

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      ET SOUTENEZ LE RECOURS !

       

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    • nov 10thUn mouvement mondial pour la Justice climatique

      justiceclimatique

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      Le colloque co-organisé par Notre affaire à tous et France Libertés « Le droit au service de la justice climatique: jurisprudences et mobilisations citoyennes » s’est tenu le vendredi 3 novembre 2017 à l’auditorium de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord.

      Le changement climatique menace dès à présent et plus que jamais la survie de l’humanité et de l’ensemble des écosystèmes. Pourtant, les États et les humains peinent à modifier leurs comportements afin de tenir compte de cette donnée fondamentale. Sans attendre les décisions de la diplomatie internationale ni l’action des différents gouvernements, nous avons chacun entrepris une initiative audacieuse : porter devant les tribunaux nationaux les questions de responsabilité liées à la justice climatique et à la prise en compte des limites planétaires. Ce mouvement est profond : il porte non seulement les germes de véritables avancées doctrinales en matière environnementale, mais également une révolution dans laquelle les citoyen-nes se saisissent des tribunaux pour préserver leurs droits fondamentaux et notre planète.

      Partout à travers le monde, les mouvements et personnalités qui se sont saisis de la justice climatique et environnementale ont adopté des stratégies diverses mais toujours audacieuses pour faire valoir leurs démarches. Protection des plus jeunes ou des aînées, associations, avocats ou entreprises, individus ou collectif…

      Etaient présents au colloque les représentant(es) des divers mouvements pour la justice climatique au niveau mondial :

      Anne Mahrer – Les Aînées pour la protection du climat (Suisse)
      Client’s Earth (Grande-Bretagne)
      Dinesh Chandra Pandey (Wildlife Trust of India)
      Dennis Van Berkel (Urgenda)
      Our children’s trust (Etats-Unis)
      Klimaatzaak (Belgique)

      Chaque recours national pour la justice climatique est unique, car si toutes les initiatives ont pour but de préserver le droit à un environnement sain et de faire reconnaître la responsabilité de l’État, les pays ont leur ordre juridique propre. Cette table-ronde se donne ainsi pour objectif de comparer les fondements juridiques invoqués par les divers requérants afin d’en faire émerger les points communs et différences, et de réfléchir aux contours d’un « droit climatique » international et national.

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      A l’issue du colloque, l’association « Notre affaire à tous » ( que j’ai co-fondée avec Marie Toussaint, Présidente) a posé un ultimatum au gouvernement. Ce dernier a trois mois pour appliquer cinq requêtes sur le réchauffement, faute de quoi elle déposera un recours contre l’État pour son inaction sur le changement climatique.  Lire les explications de Novethic ici

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    • nov 10thReconnaître le crime d’écocide : une révolution vitale

      DOSSIER Urgence climatique : Une révolution vitale

       dans Politis

      Urgence climatique : Une révolution vitale

       

      En lecture libre avec l’autorisation de Politis, mon entretien avec Ingrid Merckx

      « Reconnaître le crime d’écocide »

      Dans un essai philosophique et politique, Valérie Cabanes exhorte à agir sur tous les leviers possibles pour se préparer au changement d’ère.
      « Nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis et fermons les yeux », assène Valérie Cabanes. Juriste en droit international et droits de l’homme, et spécialiste de la question d’écocide, elle publie Homo Natura [1] pour grimper d’un cran après son plaidoyer pour Un nouveau droit pour la terre [2]. L’heure n’est plus à la prise de conscience mais à une forme de révolution : il faut en finir avec la suprématie de la souveraineté nationale qui, face au changement climatique, menace l’écosystème terrestre mais aussi la paix. Il faut instaurer dans le droit international des normes scientifiques qui fassent primer les droits de la nature sur ceux des multinationales. Il faut défendre les droits de la nature en partant des territoires. Il faut enfin garantir un droit du climat à rester stable et un droit des générations futures à vivre dans un climat tempéré.

      La lutte contre le réchauffement climatique n’est-elle pas majoritairement anthropocentrée ?

      Valérie Cabanes : Le droit s’est construit d’un point de vue anthropocentré. On est loin de pouvoir respecter l’engagement de Paris, c’est-à-dire de rester en dessous de +2 C°, voire même de 1,5 C°. Si le climat se modifie tel qu’annoncé et qu’il atteint +4 C°, on s’achemine vers une situation catastrophique pour l’humanité, mais aussi pour tous les autres êtres vivants qui n’auront pas le temps de s’adapter. Il y a donc toutes les raisons d’agir de façon radicale aujourd’hui. Il y a 11 500 ans environ, à la fin de la période de glaciation, la température moyenne globale sur Terre est montée de 4 C°, or les océans sont montés de 60 mètres, ce qui a entraîné une reconfiguration géographique globale. Pourtant, nous sommes encore dans le déni de ce qui va arriver à une vitesse effrayante.

      Près de 60 millions d’Africains sub-sahariens vont devoir quitter leurs terres d’ici à trois ans, 250 millions de personnes d’ici à 2050. Mais rien dans les politiques publiques n’anticipe cette crise. Il n’y a pas que le changement climatique qui menace la stabilité de la Terre. D’autres limites planétaires ont été atteintes. La biodiversité s’est complètement effondrée, puisque nous sommes entrés dans la sixième extinction des espèces. On constate que 80 % des insectes auraient disparu en Europe, 60 % des espèces qui vivent sur Terre. Sommes-nous la prochaine espèce amenée à disparaître ? On a oublié de considérer que l’humain était interdépendant avec les autres espèces et les écosystèmes de la Terre. Si on veut préserver l’humanité, il faut préserver les conditions de vie sur notre planète. C’est pourquoi, même avec une vision strictement anthropocentrée, je ne comprends pas pourquoi on ne parvient pas à prendre les décisions qui s’imposent.

      Est-ce à dire que le droit de la nature doit primer sur celui de l’humanité ?

      Si une révolution doit avoir lieu, elle se situe dans l’échelle des normes que l’on a adoptées depuis 500 ans. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les États ont eu la volonté de créer une institution leur permettant de définir des règles communes pour essayer de se respecter les uns les autres, de respecter les droits humains et de maintenir les conditions de la paix. Jusqu’aux années 1970, notre échelle des normes faisait primer les droits humains à travers des grands textes internationaux et la déclaration des droits de l’homme.

      À partir des années 1970, les multinationales ont renversé cette échelle de normes en considérant que le droit commercial devait primer sur les droits humains, puis sur celui de l’environnement. Ces entreprises ont été oubliées dans la construction du droit international et jouissent aujourd’hui d’une totale impunité. Elles sont parfois plus puissantes que les États et tentent de négocier les réglementations en fonction de leurs intérêts propres. Au regard des lois biologiques, qui ont été complètement occultées, il faudrait renverser cette échelle des normes pour que prime le droit de la vie à se perpétrer, ce qui permettra de protéger les conditions de la vie humaine et donc les droits fondamentaux de l’humanité : l’eau, l’alimentation, l’habitat, etc. Le droit économique devrait ainsi s’assujettir aux deux autres. C’est une émanation de l’humanité, il ne devrait pas déterminer l’avenir de tous les écosystèmes.

      Ne sommes-nous pas face à un problème de rapport de force ?

      Le rapport de force exprime une réalité : le changement climatique est un révélateur des inégalités et les amplifie. Aujourd’hui, 1 % des habitants sur Terre détiennent à eux seuls plus que les 99 % restants. Ces 1 % les plus riches polluent 175 fois plus que les 10 % les plus pauvres. En 2010, 388 personnes avaient un patrimoine équivalent à celui de la moitié de la population mondiale. Aujourd’hui, elles ne sont plus que cinq, concentrant les richesses. Et 90 entreprises, responsables des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre, mènent le monde et décident de ce que sera notre avenir commun.

      Quand on parle de chaos, il faut bien comprendre ce que vont subir les trois quarts de l’humanité dans les décennies qui viennent. On ne peut pas rester bras croisés à attendre que l’ère industrielle engloutisse une partie de l’humanité. Il y a un moment où il faut appeler à la révolte. Sans quoi seuls les plus nantis survivront. Ils s’y préparent d’ailleurs. Ce n’est pas du complotisme mais une réalité chiffrée. J’ai écrit Un nouveau droit pour la Terre pour poser des faits : un bilan planétaire effrayant, des inégalités économiques criantes, et un droit de l’environnement qui n’évolue pas de manière à protéger les conditions de la vie sur terre. Mon second livre, Homo Natura, se penche sur ce qu’il faudrait oser faire pour les pallier.

      Vous identifiez plusieurs freins, quels sont-ils ?

      Le premier frein, c’est le principe de souveraineté nationale. Chaque État vit dans une vision à court terme et continue à tenir un discours visant à maintenir la croissance. C’est une aberration. Le club de Rome, en 1973, a montré les limites du développement économique : on va arriver à un stade d’épuisement des ressources qui va nous faire basculer dans une crise économique durable.

      Des limites biologiques planétaires ont également été définies par le Stockholm Resilience Center depuis 2009 : changement climatique, chute de la biodiversité, mais aussi qualité des sols, usage de l’eau douce, acidification de l’océan et rejets écotoxiques sont autant de menaces pour la paix… Ces limites ont été revues en 2015 et adoptées par les Nations unies comme un des indicateurs pour déterminer les objectifs de développement durable. Elles déterminent le point où l’on bascule dans un état planétaire auquel nous ne sommes pas préparés. Elles devraient être reconnues comme des normes juridiques qui s’imposent à la communauté internationale.

      Ce qui s’est passé lors de la conférence sur le climat à Paris montre que personne n’a compris ces enjeux-là. Même si cet accord pose des objectifs intéressants pour limiter le réchauffement, il n’est pas contraignant et peut permettre à Donald Trump de s’en dédouaner. La souveraineté nationale reste la clé de voûte du droit international. C’est pourtant un principe qui peut nuire à la survie de l’humanité. Les États doivent comprendre que le destin de chaque nation est lié à celui des autres. Et revenir à une vision d’abord universelle et idéalement écosystémique.

      Du côté des citoyens, certains sont encore dans le déni et n’ont pas envie de quitter leur petit confort des riches cités occidentales. Certains sont dans la sidération : tellement effrayés par ce qu’ils entendent qu’ils ne savent plus quoi faire et sont paralysés. Et d’autres essaient de faire bouger les lignes en disant : « Réappropriez-vous la démocratie et faites revivre une démocratie des territoires où peuvent s’expérimenter une nouvelle forme de vivre ensemble dans le respect des écosystèmes. »

      Et c’est là que la sagesse de peuples autochtones est intéressante à analyser : des populations ont réussi à vivre sans abîmer leur environnement pendant des millénaires. Benki Piyako, de la tribu des Ashaninkas, en Amazonie, a décidé qu’ils vivraient désormais en dehors de la société occidentale. Ils ont réappris à vivre en autarcie. Ils ont reboisé leur territoire. Des tortues disparues des rivières ont recommencé à s’y développer par milliers. Il faut à la fois faire en sorte que le droit international s’impose aux politiques nationales au nom d’un intérêt supérieur commun : l’habitabilité de la Terre. Et que les citoyens remettent en place des liens sociaux forts construits sur la solidarité et la coopération qui expriment cette réalité biologique : nous sommes tous interdépendants.

      Qui pour représenter les droits de la nature ?

      Il existe deux niveaux en droit : le public et le pénal. Il faut agir sur les deux. J’œuvre pour que l’on puisse reconnaître au sein de la Cour pénale internationale (CPI) un cinquième crime contre la paix qui serait le crime d’écocide. Cela permettrait de reconnaître les droits de l’écosystème « Terre » à se maintenir et donc à des citoyens de porter plainte contre des décideurs politiques ou des chefs d’entreprise qui favoriseraient des projets menaçant cet écosystème. Un juge de la CPI pourrait poser des mesures conservatoires en disant : « Il existe des projets industriels qui ne sont plus tolérables car ils participent à la transgression des limites planétaires et donc j’interdis les sables bitumineux en Alberta », par exemple…

      Pour ce qui est du droit public, reconnaître les droits de la nature revient à les inscrire dans la Constitution, idéalement, ou à différents niveaux de législation. Cela a commencé à émerger dans les pays sud-américains, sociétés multiethniques très influencées par la pensée autochtone. En 2008, l’Équateur a inscrit les droits de la nature dans sa Constitution ; en 2009, la Bolivie les a reconnus par la loi ; en 2017, ce fut au tour du Mexique de les inscrire dans sa Constitution. C’est en train d’exploser dans le monde.

      Dans un État du nord de l’Inde, face à l’incompétence des politiques pour régler la pollution du Gange, un des dix fleuves les plus pollués au monde, une juridiction a décidé en mars 2017 de reconnaître ce fleuve comme une entité vivante, de même que son affluent, la Yamuna, et tous les écosystèmes himalayens sur son territoire. Elle leur a donné une personnalité juridique, de même que la possibilité pour des personnes désignées « des parents » – du latin parentis – de parler au nom des écosystèmes quand ils sont menacés. Ils se sont inspirés de la spiritualité indienne pour le justifier : le Gange est reconnu comme une déesse qui abreuve plusieurs États. La Nouvelle-Zélande a aussi reconnu un parc et un fleuve comme des entités vivantes et leur a donné la possibilité d’être défendus en justice avec comme gardiens la communauté Maori, laquelle considère ces écosystèmes comme ses ancêtres. Les Maoris se battent pour cela depuis 150 ans et viennent de l’obtenir d’un gouvernement blanc occidental.

      On peut donc envisager que des juges occidentaux s’intéressent à ces sujets. Aux États-Unis, trente municipalités ont reconnu les droits de la nature dans leur législation locale, ce qui leur a permis de se défendre contre des projets de fracturation hydraulique. Comme on ne peut encore, en droit, défendre les droits des générations futures, car ce sont des personnes non nées, c’est une parade efficace pour contrer des projets dont les conséquences néfastes ne sont pas immédiates sur l’homme. Enfin, une plainte vient d’être déposée aux États-Unis pour faire reconnaître la rivière Colorado par la justice comme une entité vivante. En Nouvelle-Calédonie, dans les îles Loyauté à 90 % Kanak, ils sont en train d’adopter un code de l’environnement qui reconnaît le principe unitaire de vie et qui pourrait, à terme, être inscrit dans le code civil français si la Nouvelle-Calédonie ne devient pas totalement indépendante en 2018. Ce serait une jurisprudence extraordinaire.

      Finalement, il n’y a pas de différence entre représenter un mineur en justice et défendre un écosystème. Dans le cadre de la défense des droits de la nature, c’est parfois des décisions politiques mais souvent le courage de certains juges qui permet de faire avancer une jurisprudence de la Terre. Il existe aux Nations unies une initiative nommée « Harmony with Nature », dont je fais partie, qui travaille sur cette jurisprudence. La jurisprudence concernant notre droit à un environnement sain contribue également à faire avancer la justice climatique.

      Partout dans le monde, des juges ont à se prononcer dans des recours juridiques « climat » contre l’État. C’est d’ailleurs l’objet d’un colloque inédit organisé à Paris le 3 novembre, réunissant les acteurs, citoyens et ONG, qui de par le monde attaquent leurs gouvernements en justice pour non-respect de ses engagements climatiques [3]. Il faudrait pouvoir reconnaître le droit des générations futures à vivre dans un climat tempéré et un environnement sain. Et de reconnaître à l’atmosphère terrestre le droit de ne pas être perturbée par l’activité humaine. Une sorte d’intégrité et de pérennité climatique à défendre. La Terre a subi énormément d’évolutions en 3,7 milliards d’années mais un changement d’ère géologique en moins de 150 ans, ça ne s’est vu qu’à cause d’une météorite ou d’explosions volcaniques, mais jamais à cause de l’activité d’une espèce vivante : en l’occurrence l’homme.

      Droits de la nature, lutte contre la déforestation et l’exploitation des énergies fossiles, contrer les multinationales… où commence l’urgence ?

      Je défends une vision écosystémique du monde : pas de hiérarchie dans les fronts. Les limites planétaires nous démontrent bien qu’il y a des boucles de rétroactions entre les événements. Le changement climatique a un impact sur la chute de la biodiversité, laquelle a un impact sur le changement climatique : quand on déforeste, on détruit les espèces mais on a aussi un impact sur les cycles des pluies. Déforester l’Amazonie va créer une zone désertique et avoir un impact sur le climat mondial. Il est normal que chaque front citoyen, chaque ONG se spécialise sur un domaine, mais il faut revendiquer des choix politiques et un droit qui essaie de répondre à toutes les problématiques en même temps. C’est pourquoi je défends cette idée de placer les limites planétaires, qui sont des indicateurs scientifiques, comme des normes internationales pour cadrer les activités industrielles. Ce basculement normatif mais aussi philosophique concernant le droit de la nature à exister s’impose et nous permettrait de retrouver notre juste place.

      Vous évoquez des modes de gouvernance écosystémiques ? En quoi cela consisterait ?

      La fonction des politiques est de créer des lois. Le droit est toujours un état des lieux de notre conscience collective. Nous percevoir comme interdépendants les uns des autres et des autres écosystèmes permet de construire une vision politique différente. Elle doit prendre appui sur de nouveaux leviers. Le niveau étatique montre ses limites puisque la souveraineté nationale menace la paix dans le cadre du changement climatique, chaque État ayant à cœur dans une vison court-termiste et électoraliste de défendre son économie avant tout, sans considération pour les conséquences à l’échelle planétaire. Des modes de gouvernance respectueux des écosystèmes doivent alors s’expérimenter à un niveau local et montrer l’exemple. Aujourd’hui, les  villes vont plus vite que les États. Des métropoles un peu partout dans le monde se sont engagées à respecter les accords de Paris. Et les droits de la nature sont d’abord adoptés dans des territoires avant de l’être par l’État. Je crois aussi que chaque citoyen devrait agir en priorité selon des lois universelles pour réaffirmer que nous sommes d’abord des habitants de la Terre avant d’être les citoyens d’une nation.

      En attendant que ce droit se mette en place, la demande citoyenne est-elle contrainte à des formes de désobéissance ?

      J’entrevois deux formes de désobéissance : boycotter des produits de consommation courante qui sont destructeurs. Il faut déserter les supermarchés, changer de mode de consommation, appuyer les circuits courts et l’agro-écologie. L’appel au boycott est interdit en France mais on peut se mettre dans une démarche à titre individuel. Le bio explose en France mais aussi de nouveaux mode de dé-consommation : la pénurie de vinaigre blanc et de savon de Marseille dans les rayons en témoigne et c’est enthousiasmant. Il faut aussi remettre en place des formes de démocratie directe dans les territoires pour sortir d’une démocratie représentative qui déresponsabilise chacun et brise la solidarité. Ce changement viendra du bas. Ça peut paraître long face à l’urgence posée par changement climatique. Mais nous, dans les pays tempérés, vivons encore de manière très confortable. Nous avons donc encore quelques années pour anticiper ce qui va se passer et se préparer à la suite, ce que ne peuvent pas faire les populations qui sont déjà dans la survie. C’est un luxe. Il faut donc semer des graines de résilience pour que les populations prennent conscience qu’elles ne pourront plus vivre comme aujourd’hui et leur donner les moyens de s’adapter.

      Propos recueillis par Ingrid Merckx

      [1] Homo Natura, en harmonie avec le vivant, Valérie Cabanes, Buchet Chastel, 128 pages, 12 euros.

      [2] Un nouveau droit pour la Terre, Valérie Cabanes, coll. « Anthropocène », Seuil, 368 p., 20 euros.

      [3] « Le droit au service de la justice climatique », colloque organisé par Notre Affaire à tous et la Fondation France-Libertés, le 3 novembre, Maison des sciences de l’Homme Paris-Nord, 20, av. George-Sand, Saint-Denis la Plaine.

       

      #1476 1 NOVEMBRE 2017  POLITIS

      Urgence climatique : Une révolution vitale

      Climat : Cet ouragan qui va frapper
      L’effondrement, une idée qui monte
      Demain, habiter la Terre
      Valérie Cabanes : « Reconnaître le crime d’écocide »
      Le chaos est déjà en marche

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